Le bilan à mi-mandat avec Etienne Lengereau et les Maires adjoints

Etienne LENGEREAU et ses Maires-adjoints présentent le bilan mi-mandat à Montrouge en 2023

Sommaire

Entretien exclusif avec le Maire Etienne Lengereau

Espace public, logement, mobilité, biodiversité, éducation, démocratie participative, propreté de la ville, culture pour tous… Un programme au dessein affirmé : vivre la ville de la densité heureuse aujourd’hui et demain. Entretien.

Un mandat électoral, c’est d’abord une trajectoire… Pouvez-vous rappeler la vôtre aux lecteurs ?

Eh bien je dirais tout d’abord, très simplement, que mon objectif, comme celui de l’ensemble de la majorité municipale, est de répondre aux attentes et aux besoins de tous les Montrougiens et de construire pour eux et avec eux une ville dans laquelle ils puissent vivre le plus heureux possible. Notre trajectoire, c’est l’intérêt général et le bonheur de chacun. Je suis Maire de Montrouge depuis 7 ans, mais je suis aussi un Montrougien de longue date… Montrouge, nous l’aimons, nous la vivons au quotidien depuis des années, nous l’imaginons et nous travaillons avec tous nos partenaires, toutes les parties prenantes de la ville pour qu’elle soit encore plus belle, plus agréable, plus profitable à tous demain. Et en même temps, nous sommes attentifs à chacun, quel que soit son profil et ses moyens, les familles, les personnes vivant seules (et elles sont près de 50 % à Montrouge), qu’elles soient étudiantes, actives ou retraitées. Nous souhaitons agir pour que tous puissent vivre un quotidien agréable et épanouissant à Montrouge. Cela implique de mener des politiques publiques adaptées et innovantes, coordonnées dans tous les domaines : logements, aménagement urbain, espaces publics, éducation, culture, santé, social, commerce…

L’intérêt général, est-ce si facile à traduire tout au long d’un mandat…

Je suis convaincu qu’il faut s’en donner les moyens ! Dès le début de notre mandat, nous avions la conviction que la mise en place d’une démocratie participative efficace était la condition sine qua non pour impliquer les acteurs, construire avec eux des projets meilleurs et donc réussir ensemble. Nous avons ainsi créé un service municipal dédié et nous appliquons toujours notre méthode avant le lancement de chaque projet : consultation de la population, présentation du projet et enfin concertation autour du projet. Nous le faisons systématiquement que ce soit pour la rénovation d’une rue, d’un parc et d’un quartier (Péri-Ginoux-Gautier, avenue de la République Nord, parc Schuman…) ou des politiques transverses comme le sport, le bien-vieillir… Nous avons aussi des moments réguliers d’échanges avec les Montrougiens que ce soit dans les réunions de quartier une fois par an où ils nous adressent leurs points de vue, leurs besoins, leurs doléances ; au gré des balades urbaines qui rassemblent aussi une fois par an, habitants et élus dans chaque quartier de la ville afin de faire le point ensemble sur les projets de la ville ; comme à l’occasion des réunions publiques... Les membres des comités de quartier sont aussi des acteurs très précieux. J’en profite pour vous inviter à candidater en novembre car ceux-ci vont être renouvelés après 3 ans de (bons) services. Et nous allons plus loin en invitant les Montrougiens à proposer eux-mêmes des projets d’intérêt public à l’occasion des Budgets participatifs montrougiens tous les deux ans. C’est tout cela que j’appelle être à l’écoute des attentes des Montrougiens.

Vous consultez les habitants. Et ces derniers vous demandent comment conjuguer qualité de vie et forte densité ?

Montrouge est de fait une des villes les plus denses de France. Cette densité de la ville, nous l’assumons et même nous la revendiquons parce qu’elle procure de nombreux avantages. Vous avez sûrement remarqué que cela n’altère pas la qualité de vie dans la commune. Au contraire ! Les visiteurs et les habitants eux-mêmes comparent régulièrement Montrouge à un village. Nous sommes la ville du quart d’heure où on a tous les services, équipements publics et commerces en bas de chez soi, où presque tout se fait à pied ou en vélo. Nous avons la chance de bénéficier d’une offre exceptionnelle de transports en commun qui nous donnent accès à toutes les opportunités du Grand Paris, et beaucoup de Montrougiens en profitent pour aller au travail ou pour leurs loisirs. On est donc loin de l’image d’une ville bétonnée, étouffante, surpeuplée, ou polluée… Et c’est tout cela qui fait la spécificité et le charme de Montrouge, que nous devons préserver et animer. À l’heure du dérèglement climatique et de la nécessaire sobriété dans tous les domaines, cette réalité d’une densité heureuse que nous vivons ici prend tout son sens. Mais cet équilibre est fragile, et nous devons sans cesse veiller à le maintenir, notamment en reconstruisant la ville sur elle-même, parce que notre patrimoine bâti vieillit, parce les besoins évoluent et parce qu’une ville qui ne se renouvelle pas est une ville qui décline. Reconstruire sans cesse la ville est donc une impérieuse nécessité, tout en préservant sa qualité de vie grâce notamment à la reconquête des espaces publics et à leur végétalisation.

Comment réussir à organiser une ville où chacun trouve sa place ?

Vous posez une question essentielle : comment maintenir une vraie mixité sociale et fonctionnelle ici à Montrouge ! C’est notre principal défi en termes d’aménagement urbain et d’espaces publics : la ville se renouvelle sur elle-même mais cela ne doit pas se faire n’importe comment. Nous devons conserver dans le futur cette mixité d’usages et de fonctions entre bureaux, habitations, commerces et équipements publics pour améliorer encore notre qualité de vie sur le long terme. Et nous sommes particulièrement actifs sur le sujet. Par exemple, aujourd’hui, Montrouge compte 50 % de petits logements type T1 et T2. Nous voulons favoriser un nouvel équilibre au niveau de l’habitat avec des logements plus grands et plus qualitatifs afin de répondre aux besoins des familles montrougiennes qui sont obligées de quitter la ville parfois faute de pouvoir accéder à des T3 ou T4. Nous voulons aussi répondre aux nouvelles formes de vie en ville : comme le coliving et les résidences seniors ; offrir des appartements plus confortables, plus végétalisés avec des espaces extérieurs généreux. Nous souhaitons enfin répondre aux demandes de tous ceux qui veulent se loger. Nous avons ainsi augmenté le nombre de logements sociaux (22% aujourd’hui) en inscrivant dans le Plan Local d’Urbanisme l’obligation d’inclure 30 % de logements sociaux dans toute opération immobilière de plus de 10 logements. Plus de 200 logements sociaux supplémentaires devraient ainsi avoir été construits au cours de ce mandat. Nous voulons dans ce domaine aussi conserver un équilibre pour permettre un véritable parcours résidentiel. Des logements sociaux oui, mais aussi davantage de logements intermédiaires et de grands logements pour les familles.

Vous souhaitez donc encourager un parcours résidentiel à Montrouge pour tous. Mais comment cela va se traduire ?

Nous nous y attelons déjà dans les constructions engagées en ville en encourageant les promoteurs à proposer de grands logements avec des espaces extérieurs, des percées végétales pour favoriser la trame verte. Et nous y travaillons déjà dans les futurs projets urbains comme sur le site des Éditions législatives, l’îlot Marne Brossolette Pelletan. Tous ces beaux projets, nous souhaitons les conduire tout en respectant la physionomie de la ville. Pour cela nous avons élaboré une charte architecturale et paysagère à destination des acteurs de la promotion immobilière avec l’aide du Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement, des Comités de quartier et même du Conseil municipal des enfants. Elle va permettre de renouveler l’habitat dans notre ville intelligemment et esthétiquement. Nous vous la présenterons en 2024 avec la mise en place du nouveau Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUI). Encore une fois, reconstruire la ville sur la ville et poursuivre son développement est nécessaire sous peine de déclin, mais rassurez-vous, nous savons que la population de Montrouge n’est pas extensible à l’infini et que nous devrions rester autour du chiffre de 50 000 habitants. Vous aurez remarqué d’ailleurs que notre population diminue sensiblement depuis le début de ce mandat. Montrouge a perdu près de 2000 habitants. Cette réalité nous engage à continuer de développer la ville et de la moderniser en préservant ses équilibres et son charme.

Mais la densité heureuse, c’est aussi une vie de quartier : des commerces à proximité, des équipements et des espaces publics de qualité…

Tout à fait. C’est bien la vie de quartier et des Montrougiens que l’on veut améliorer. Il faut pouvoir trouver en bas de chez soi des commerces de bouche de qualité, des services et équipements publics performants, un espace public partagé et végétalisé, des transports en commun bien organisés etc. Nous faisons converger toutes ces exigences dans nos projets de renouvellement urbain. Prenons l’exemple de l’ancien site des Éditions législatives avenue de la Marne, où nous aurions pu autoriser un promoteur à reconstruire 75 % de bureaux comme le PLU le lui permettait. À la place, nous avons souhaité proposer une nouvelle vie de quartier : 4 300 m² d’espaces verts ouverts aux Montrougiens, une nouvelle crèche, un nouveau marché couvert flambant neuf, un espace événementiel pour les associations, des commerces, des restaurants et des logements… Nous vous présenterons très prochainement ce projet dans le détail et nous le soumettrons à la concertation.

C’est vrai que les Montrougiens sont très attachés à la dynamique commerciale et de service en ville…

Nous avons aujourd’hui près de 800 commerçants à Montrouge, 3 marchés bien fréquentés dont le Marché de la Marne qui a pris un nouvel élan depuis sa réouverture en septembre 2021. C’est une véritable réussite à Montrouge au regard du phénomène de désertification commerciale que l’on peut observer dans de nombreuses villes de petite couronne. Il faut dire que là aussi nous avons déployé des moyens efficaces avec l’extension d’un périmètre de sauvegarde de l’artisanat et du commerce, qui nous permet de préempter et d’installer les commerçants dont les Montrougiens ont besoin. La transformation de l’avenue Verdier entre la place Jean Jaurès et l’avenue de la Marne depuis 3 ans en est le meilleur exemple avec un boucher, un fromager, un traiteur, un commerce en vrac… La rue Théophile Gautier rénovée va suivre la même trajectoire dès que les travaux du quartier seront terminés. Et même dans le quartier Est, de nouveaux commerçants se sont installés.

Une ville animée certes, mais tout aussi apaisée, tranquille, propre… c’est un de vos défis ?

Trois défis à relever en même temps ! Sur l’apaisement de la ville, nous venons d’y répondre en mettant en place un nouveau plan de circulation, là aussi fruit d’une concertation très poussée avec tous les acteurs. L’idée est de réguler la circulation routière et de la déporter sur les grands axes, de favoriser les mobilités douces comme le vélo et la marche et ainsi de diminuer la pollution et les nuisances sonores. Sur la sécurité, là aussi nous avons de nombreux résultats grâce à notre nouvelle police municipale très présente sur le terrain, équipée et accompagnée de tout un dispositif complet de vidéoprotection que nous déployons au fur et à mesure des années (141 caméras installées à ce jour). Dans ce mandat, nous avons aussi relancé notre Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation (CLSPDR) et nous travaillons étroitement avec la Police nationale pour une action de proximité la plus efficace possible. Nous n’oublions pas le volet « prévention » avec des dispositifs comme le rappel à l’ordre, les travaux d’intérêt général, les permis piétons pour nos enfants dans nos écoles, les conférences sur les arnaques, les vols à l’arraché… Enfin sur la propreté, nos équipes sont en action tous les jours en nettoyant nos rues et vidant nos corbeilles. Mais malheureusement, elles ne peuvent pas grand-chose parfois face à l’incivilité de certains. Pour sensibiliser le plus grand nombre, nous organisons d’ailleurs chaque année une Journée citoyenne sur les Allées Jean Jaurès.

Les Montrougiens souhaitent également plus d’espaces verts mais le foncier est très rare et contraint à Montrouge. Quelles sont vos solutions ?

L’un des enjeux fondamentaux pour une ville dense comme la nôtre dans le contexte plus global du réchauffement climatique, c’est de lutter contre les îlots de chaleur, développer des espaces végétalisés, favoriser la biodiversité. Pour cela, la végétalisation est notre priorité dans chacun de nos projets de requalification d’espaces publics comme en ce moment rue de la Vanne (plantation de 85 nouveaux arbres - 1 000 m² d’espaces verts), dans le quartier Péri Ginoux Gautier (plantation de 200 nouveaux arbres - multiplication par 3 des espaces verts), au Nord de République (150 m² d’espaces végétalisés supplémentaires et plantation de 18 nouveaux arbres)… Car même si le foncier est très peu disponible, nous nous efforçons de créer de nouveaux espaces verts en démolissant des immeubles. D’ici la fin du mandat, le parc Schuman en centre-ville à côté de la station de métro « Mairie de Montrouge » sera agrandi et embelli (+865 m²). Un nouveau parc sera également créé au 127 avenue de la République en lieu et place d’un bâtiment d’activité (1300 m²) et un autre verra le jour au 80 avenue Verdier (428 m²).

Ces trois projets d’extension et de création d’espaces verts vont-ils permettre de restaurer la biodiversité, la nature en ville ?

C’est en effet l’un de nos objectifs ! Favoriser les espaces verts ne sert pas seulement la fraîcheur en ville, le renforcement des liens entre habitants et visiteurs, l’esthétisme de la ville… c’est de tout le vivant dont il est question : ramener la flore et la petite faune elles aussi indispensables à l’équilibre de la nature en ville. D’ailleurs, cette philosophie et nos réalisations nous ont permis d’obtenir le label « Territoire engagé pour la Nature ». En effet, nous plantons des arbres – 150 arbres ont été plantés depuis le début du mandat et notre objectif est d’en planter 600 d’ici 2026. Nous y installons des nichoirs. Nous créons davantage de parterres, de zones enherbées (61 000 bulbes plantés, 2 000 vivaces), de prairies fleuries (6 640 m²). Nous avons aussi planté près de 3 500 arbustes. Et nous restons à l’affût des nouvelles pratiques paysagères en ce domaine : nous expérimentons par exemple la mini-forêt urbaine au stade Jean Lezer et le permis de végétaliser dans le quartier des Portes de Montrouge. Nous avons végétalisé plusieurs cours d’école depuis le début de ce mandat et même aménagé deux cours oasis dans les écoles Rabelais et Berthelot dans lesquelles nos enfants prennent déjà un grand plaisir à gambader et à cultiver.

Parlons justement de l’agriculture urbaine. Pour certains, c’est un simple divertissement urbain mais pas pour vous…

L’agriculture urbaine est effectivement un pan majeur de notre politique de végétalisation de la ville mais aussi d’animation, car elle favorise les échanges et les relations entre les habitants. Nous voulons susciter, chez les petits et les grands le goût du jardinage, le goût de cultiver leur ville : « de la graine à l’assiette ». Pour cela, nous avons créé depuis 2016, neuf jardins partagés en ville dont le petit dernier à la Villa Le Blanc. Nous avons lancé le festival Inspirations Végétales qui chaque année rassemble les amoureux de la nature en ville et nous avons déployé tout un programme d’agriculture urbaine dans nos écoles. Je suis d’ailleurs très heureux de voir que cela porte ses fruits et que nos concitoyens s’emparent avec enthousiasme de cette nouvelle pratique en ville.

Restons à l’école, c’est aussi la grande préoccupation des familles montrougiennes…

Eh bien c’est aussi la nôtre ! Depuis le début de ce mandat, nous avons instauré un dialogue permanent et une véritable relation de confiance avec l’Éducation nationale, la communauté éducative, les parents d’élèves et même au sein de notre propre service animation. Tout se fait en transparence et dans l’échange régulier, franc et constructif. Et cela s’est traduit positivement pour l’ensemble de nos enfants. Des séances d’éducation artistique et culturelle sont désormais proposées. La Caisse des écoles subventionnée à 80 % par la Mairie finance les projets pédagogiques des enseignants. Le dispositif Bouge Montrouge, un programme d’activités ludiques et originales pendant les vacances scolaires (dont certaines sont menées par les associations montrougiennes), connaît un vrai succès. Nous continuons également à investir fortement dans la rénovation de nos écoles, avec notamment le grand chantier de réhabilitation complète de l’école Rabelais, de son gymnase et du centre de loisirs Delerue. C’est le grand projet de ce mandat pour nos écoles, et ce sera un modèle d’équipement « vertueux » d’un point de vue écologique, énergétique, pédagogique. Plus de 8 millions d’euros y sont engagés. La question du bien manger dans les cantines a été aussi au coeur de notre réflexion ces trois dernières années et nous avons agi en ce sens : la quasi- totalité de nos cantines est équipée de bacs gastronomes et sert grâce au nouveau marché de la restauration scolaire 50 % de produits de qualité et durables, 20 % de produits bio. Nous sommes en avance sur la loi EGALIM et nous allons continuer à travailler en ce sens.

Pour nos plus jeunes enfants, je crois savoir que Montrouge connaît un excellent taux de couverture des besoins d’accueil de 84,9% ...

C’est vrai et c’est le fruit d’un travail de longue haleine ! Nous proposons déjà une offre complète d’accueil collectif avec plus de 767 places dans les structures municipales et partenariales. Peu de collectivités aux alentours en proposent autant. Nos 240 agents travaillent chaque jour à l’épanouissement de nos tout-petits où nous redoublons d’efforts pour mener des projets pédagogiques innovants dans l’avancée des neurosciences. Nous avons aussi développé tout un nouveau champ d’actions : le soutien aux modes de garde individuels. Nous avons ouvert en septembre dernier la Maison des Tout-petits qui accueille en journée les assistantes maternelles et les tout-petits dont elles ont la garde. Et bientôt c’est une maison de la parentalité qui verra le jour et sera vouée à accompagner les parents au quotidien…

Et pour nos jeunes, quelles avancées ?

La grande nouveauté c’est le lancement d’un Comité consultatif des jeunes dédié aux 15-24 ans, qui permet de les associer à la vie de la commune ainsi qu’à l’élaboration de politiques et projets pour la jeunesse. Un budget de 50 000 € leur est désormais dédié tous les deux ans. De quoi s’emparer des projets qui leur tiennent à coeur ! Nous avons toujours en parallèle nos structures comme l’espace Michel Colucci, l’Espace Jeunes Michel Saint Martin, le Point Information jeunesse qui sont toujours très actifs dans l’accompagnement de nos jeunes… sans oublier nos services comme Tickets sports, des activités sportives gratuites toutes les vacances scolaires, un dispositif d’aide pour les collégiens exclus, la commission d’insertion des jeunes qui peut donner une aide financière à des projets…

À l’autre bout de la chaîne de l’âge, les seniors ont à la fois un rôle de transmission et d’accompagnement essentiel dans la vie sociale locale. Comment répondez-vous à ces demandes ?

Vous le savez sûrement, les plus de 60 ans seront beaucoup plus nombreux qu’aujourd’hui d’ici une dizaine d’années et nous souhaitons que tous les Montrougiens puissent vivre bien dès aujourd’hui leur retraite à Montrouge. Nous avons ainsi mis en place une toute nouvelle politique : celle du bien-vieillir qui s’adresse à nos 9000 séniors. Cela passe par un nouveau service dédié, un guichet unique où chaque senior, quel que soit son âge, sa situation personnelle, pourra être accueilli, informé et conseillé sur ses droits, et les services et activités à sa disposition… Nous travaillons également en ce moment sur une offre de services et de loisirs adaptée et innovante qui sera dévoilée début 2024. Les seniors ont pu en avoir un avant-goût cette année, comme à l’occasion des bals de Montrouge, devenus le rendez-vous intergénérationnel de la ville, un dimanche par mois et les activités lancées lors de la Semaine bleue (lire page 41). Enfin, l’une de nos réalisations emblématiques du mandat sera la Maison des seniors, dont les travaux commencent à l’automne dans le bâtiment qui héberge déjà le club Jules Ferry.

Et pour les seniors les plus fragiles ?

Nous avons déjà une multitude de services réunis désormais dans notre nouveau service « autonomie » où les seniors trouvent des solutions pour continuer à vivre à domicile comme la téléassistance, la livraison de repas à domicile, le service de maintien à domicile, le service infirmier à domicile… sans oublier par exemple l’allocation mensuelle, une aide financière accordée aux revenus les plus modestes et versée par le Centre communal d’action sociale.

La crise sanitaire, la crise énergétique ainsi que l’inflation ont rendu le quotidien de certains habitants difficile. Que faites-vous sur le plan social ?

Là aussi nos efforts sont concentrés par l’intermédiaire de notre Centre communal d’action sociale. Ses équipes oeuvrent chaque jour, au cas par cas, pour aider les plus démunis d’entre nous et soutenir nos concitoyens qui sont dans le besoin passager. Pendant la crise sanitaire, nous avons mis en place un plan de soutien et de solidarité à hauteur de 2 millions d’euros. Au cours de ce mandat, nous avons ouvert un guichet pour le logement social. Nous menons aussi une politique active pour héberger et aider les victimes de violences intrafamiliales qui se sont accrues et auxquelles nous apportons des réponses concrètes. Enfin, nous déployons notre feuille de route en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap. Nous avons deux ans d’avance sur les travaux en matière d’accessibilité de nos bâtiments et équipements communaux. Et surtout, nous avons créé un conseil du handicap avec tous les acteurs concernés dans la ville pour favoriser les échanges, trouver des solutions, mener des actions fortes. Vous voyez, nous construisons la ville inclusive.

L’inclusion est aussi celle de l’accès de tous aux soins médicaux, autre préoccupation des Français. À Montrouge, l’offre reste tendue comme en France.

À Montrouge, vous le savez sûrement, nous avons un Centre municipal de santé qui concentre près d’une trentaine de disciplines médicales. La prévention reste également au coeur de nos axes prioritaires : éducation à la santé dans les écoles (dents, cerveau..), santé féminine, centre de santé sexuelle, soutien aux aidants… Sur ces bases d’actions solides, nous avons initié une nouvelle dynamique pour aller plus loin. Nous avons noué de nouveaux partenariats avec de grands établissements médicaux franciliens dans le but de faciliter aux Montrougiens l’accès à des soins et services que nous ne procurons pas sur place (Paris Saclay, réseau parisien d’imagerie médicale, APHP, Croix Saint Simon…). Et surtout nous luttons activement contre la désertification médicale en favorisant l’implantation de cabinets médicaux de ville (dentistes, radiologie notamment). Je me réjouis aussi de la création prochaine d’une Communauté professionnelle territoriale de Santé (CPTS) dans notre ville à l’initiative des professionnels de santé montrougiens au Centre municipal de santé qui sont particulièrement dynamiques et conviviaux.

Etre en bonne santé passe aussi par la pratique d’une activité physique et sportive. Et le sport tient aussi une place essentielle dans la vie quotidienne des Montrougiens…

Je vous rejoins parfaitement. Le sport pour les Montrougiens, c’est primordial ! Nous avons 7 100 licenciés dans les clubs sportifs dans notre commune et ils pratiquent des sports extrêmement divers voire assez rares ! Nous soutenons activement nos associations et contribuons largement à renouveler les infrastructures. Rien que cette année, la Mairie va financer l’installation de tribunes au Cercle Athlétique de Montrouge, la réfection de la pelouse du stade Maurice Arnoux, la création d’une bulle de tennis… Sans parler de tous ceux qui pratiquent le sport librement dans la ville, toujours plus nombreux à courir ou faire leurs exercices dans les parcs de la ville comme le tout nouveau square de la Marne où des agrès sportifs sont à disposition de tout un chacun. Labellisée « Terre de jeux », Montrouge sera naturellement dans la mouvance des JO de Paris : passage d’une course cycliste, entraînement de délégations étrangères au CAM… Elle l’est déjà dans nos écoles ! Vous saviez que 8 de nos écoles sont labellisées Génération 2024 et qu’une semaine olympique et para-olympique est organisée par la Mairie depuis 3 ans !

Vous évoquez souvent l’idée qu’une ville doit être animée et conviviale… Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Eh bien je vous invite à lire l’édito de ce magazine (page 3 du 167ème Montrouge Mag) où j’évoque la relation historique et privilégiée que nous entretenons avec l’art contemporain… Et c’est plus largement avec la culture et les artistes que nous sommes reliés tout au long de l’année. C’est notre supplément d’âme ici à Montrouge et cela concourt à notre qualité de vie. Chaque spectacle que nous organisons au Beffroi, chaque représentation du Conservatoire, chaque conférence à la Médiathèque, chaque fête en ville (et nous avons enrichi et diversifié cette dimension avec Les Soleillades, Les Estivales, Inspirations végétales…), chaque exposition de nos artistes montrougiens mais aussi de la France entière (Salon de Montrouge, Art en fête…) concourt à créer de la convivialité, du lien, des échanges et des débats dans notre ville. Là aussi, c’est pour apporter plus de bien-être aux Montrougiens. Il est donc indispensable que tous puissent y avoir accès. N’est-ce pas plaisant de pouvoir sortir à 5 minutes de chez soi pour aller voir un spectacle de qualité, se rencontrer ou emprunter un livre à la Médiathèque à seulement 1 € pour les moins de 25 ans ? Selon moi, c’est ça aussi la densité heureuse.

Vous évoquiez les JO de 2024, c’est demain. Mais comment imaginez-vous Montrouge en 2040 ?

Eh bien j’espère que notre ville sera « fraîche » et conviviale dans tous les sens du terme et que tout ce que nous mettons en oeuvre pour améliorer durablement la qualité de vie à Montrouge portera ses fruits. La densité heureuse, nous voulons la vivre dès aujourd’hui mais nous souhaitons aussi qu’elle puisse perdurer dans le temps. Nous ne travaillons pas pour les trois prochaines années mais bien pour les décennies à venir. Nous construisons la ville durable, résiliente, inclusive, créative, ouverte à tous. Et j’espère aussi que l’on aura toujours autant le sens de la convivialité et de la fête à Montrouge en 2040 !