La nouvelle jeunesse du patrimoine montrougien

Cadre de vie - le 03/07/2019

Dans la dynamique de la création des Allées Jean Jaurès, des travaux de rénovation du patrimoine montrougien ont été entrepris. L’Hôtel de ville, le kiosque à musique et la célèbre salopette en bronze, hommage à Coluche, sont rénovés. Pour une ville plus belle.

  • 30 mois de travaux
  • 7,5 millions d'euros pour la rénovation extérieure et intérieure

L’Hôtel de Ville : une rénovation digne d'un monument historique

Avec son allure de petit château, typique de l’architecture des mairies du XIXe siècle, l’Hôtel de Ville de Montrouge arbore désormais une façade lumineuse et a retrouvé ses décors d’origine. Il a fallu utiliser des techniques propres à la rénovation des bâtiments historiques, en inventer parfois de nouvelles, pour remettre à neuf l’Hôtel de Ville de Montrouge. Les travaux auront duré un an et demi. Ils ont permis de joindre à la rénovation extérieure (ravalement et réfection de la couverture), un réaménagement intérieur (réorganisation, isolation des bureaux sous les combles, mise aux normes).

La Ville a investi 7,5 millions d’euros pour réaliser cette rénovation. Chaque entreprise a été choisie avec soin afin de s’assurer de la qualité des matériaux utilisés. Des techniques de restauration ont été privilégiées par les artisans pour s’assurer d’un résultat à la hauteur des attentes des Montrougiens.

Le nettoyage minutieux de la façade

Dans un premier temps, l’échafaudage monté pour réaliser les travaux a permis d’évaluer avec précision l’état du bâtiment. Les façades ont été lessivées avec une eau sous pression contenant du sable doux. Les pierres, en calcaire de Saint Maximin, appareillage classique en Ile-de-France, ont subi un traitement différencié suivant leur état : remises en état avec un mortier traditionnel ou remplacement à l’identique. Les ardoises et les zingueries de la toiture ont été également changées.

Le charme des décors en zinc et en pierre

Un soin particulier a été apporté à la restauration des détails et des décors qui font le charme de ce bâtiment. Ainsi, le mince filet blanc surlignant les joints existants entre les pierres, élégant et rare, a été repeint.
Les épis de faitage, ces pointes en zinc décorées de fleurs qui avaient dis-paru dans les années 60, ont été refaits à l’identique.
De même, le clocheton de bois et de zinc a été restauré par un atelier d’art spécialisé, sur la base de photos anciennes.

Enfin, des éléments en pierre décorent les façades : des médaillons à tête de lion, et deux frises, l’une portant l’inscription « RF », pour République Française, située au-dessus des fenêtres de la salle du Conseil, l’autre en bordure du toit qui présente un décor d’entrelacs et des têtes de lion aux angles.
Les plus altérés ont été remplacés par des moulages des originaux réalisés spécialement après de nombreux essais.

Ces travaux donnent un relief nouveau aux décors. L’Hôtel de Ville retrouve ainsi sa superbe allure.

Le kiosque à musique : une nouvelle jeunesse

Réimplanté avant l’été dans le futur Jardin fertile des Allées Jean Jaurès, le kiosque à musique situé auparavant à côté de l’Hôtel de Ville pourra bientôt renouer avec sa fonction initiale : accueillir de nouveaux concerts et autres animations.

Entre temps, il aura été entièrement démonté puis remonté. Un traitement a été appliqué afin de lui redonner une nouvelle jeunesse tout en préservant son allure originelle. Pour s’en assurer, avant le démontage de l’édifice, un géomètre a relevé avec un appareil à laser toutes ses mesures, jusqu’aux points débordants de la toiture.

Un petit bijou de l’architecture métallique

Sa plateforme, constituée de pierres meulières, a été déposée et sera reconstruite à l’identique dans le nouveau parc. Le démontage et la dépose des parties métalliques ont nécessité un soin attentif. « Les piliers, les pièces et les équerres décoratives sont en fonte, or la fonte demande une attention particulière. C’est un matériau très solide mais il casse » explique Cihan Mutlu, de l’entreprise Les Casques Bleus, chargée de la rénovation.

« Ce kiosque a été installé en 1903, confirme M. Mutlu. Il a été rénové plusieurs fois, les différentes couches de peinture que nous avons mises
à jour en témoignent ». Une fois démontée, les différentes pièces de fonte ainsi que les profilés métalliques ont en effet été poncés. Ils bénéficieront ensuite d’un traitement antirouille avant d’être repeints. Seule la toiture très endommagée ne pourra être restaurée. Elle sera donc refabriquée à l’identique. Avec sa scène surélevée, ses piliers fins supportant une charpente légère, ses volutes décoratives, ce petit bijou de l’architecture métallique du XIXe pourra ainsi commencer une nouvelle vie.

Coluche, toujours dans le coeur des Montrougiens

Celles et ceux qui ont l’habitude d’adresser à Coluche un salut amical en passant devant sa statue l’ont remarqué : elle s’est éclipsée quand les travaux des Allées Jean Jaurès ont commencé. Que chacun se rassure, la célèbre salopette est de retour place de la Libération.

Pourquoi cette « disparition » ? Tout d’abord, Michel Pena, le paysagiste qui a conçu les Allées Jean Jaurès a réfléchi à lui donner une nouvelle place pour la mettre encore plus en valeur. Avec l’accord du sculpteur Guillaume Werle, la statue a été réinstallée de façon plus centrale, place de la Libération, afin d’être mieux mise en valeur et donc plus visible. Un éclairage est mis en place pour mettre en valeur la célèbre salopette à la nuit tombée. Profitant de l’opportunité, l’auteur de la statue a fait valoir la nécessité de restaurer l’oeuvre dont la patine s’était dégradée.

Une nouvelle patine pour mettre la statue en valeur

« Avec le temps, la patine s’était altérée, explique-t-il, elle avait besoin d’être reprise ». La couleur naturelle du bronze est jaune doré. Grâce à l’application de différents produits sur le métal chaud, la « patine » permet d’orienter et de contrôler l’oxydation du métal et ainsi d’obtenir la coloration voulue. Une fois terminée, celle-ci est fixée par l’application de cire d’abeille. Sans entretien, la cire disparaît progressivement et la patine se modifie alors naturellement, elle devient verte.

La célèbre salopette en bronze a donc été transportée chez un « patineur » - c’est un métier d’art - à Romainville. Le rôle de celui-ci était de redonner à la sculpture, sous l’oeil vigilant de l’artiste, la couleur voulue. « Quand la statue a été installée, elle était verte avec des nuances de bleu, rappelle Guillaume Werle, cette nouvelle patine lui donne une couleur que j’ai choisie pour la mettre davantage en valeur. »

Le piédestal sur lequel elle était dressée, dégradé avec le temps, a été refait également et légèrement modifié car la statue est entourée de végétation. La silhouette familière a fait sa réapparition avant l’été. Pour célébrer son retour et la pose d’une plaque à sa mémoire là où il a vécu à Montrouge, un hommage a été rendu par la Ville à l’humoriste au grand coeur le 19 juin dernier.

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