Le Salon de Montrouge révèle les jeunes talents

Art contemporain - le 19/04/2019

Depuis quatre ans, les commissaires du Salon de Montrouge Ami Barak et Marie Gautier ont
su aiguiser leur regard pour repérer les artistes de demain et vous les faire découvrir. Ils nous
en disent plus sur leur méthode et la 64e édition qui s’ouvre au Beffroi le samedi 27 avril.

Vous recevez chaque année près de 2 000 candidatures. Comment repérez-vous les jeunes talents ?

Ami Barak et Marie Gautier :
D’abord nous faisons une première présélection en écartant les dossiers qui nous semblent mal ficelés, les démarches dépourvues d’originalité, les oeuvres qui nous paraissent être des redites. Après un travail laborieux, nous retenons environ 260 candidatures qui sont ensuite présentées aux 10 membres du comité de sélection qui seront, en fin de compte, les juges du Salon.
Ce sont leurs choix qui emportent la décision ultime selon des critères qui ont été définis d’un commun accord : pertinence des propos, partis pris esthétiques et maîtrise du vocabulaire formel, capacité de se singulariser et de montrer une certaine maturité.

Pour cette exposition 2019, que nous disent les artistes de notre société ?

A.B et M.G : Chaque année se dégagent de grandes lignes, des changements et des constantes dans l’air du temps. On remarque que les nouvelles générations débattent des nouveaux rapports de force, de domination, et aussi de résistance, dans des positions d’observateur mais aussi de témoin. Qu’il s’agisse de questions de classe, de race ou de genre, l’artiste n’est pas hors de ces relations. Il en fait partie, et cela lui donne une responsabilité particulière. Plus précisément, cette année, 4 thèmes sont ressortis et composeront les chapitres de l'exposition : « Ce que nous sommes ensemble et ce que les autres ne sont pas », « Le laboratoire des contre-pouvoirs », « La forme contenue ou le contenu impliqué », « La réalité rattrapée par le réel ».

Que diriez-vous pour convaincre un novice en art contemporain de visiter le Salon de Montrouge ?

A.B et M.G : Le Salon est ouvert à tous et des visites guidées sont programmées tous les week-ends.
Beaucoup de Montrougiens et de Parisiens affluent au Beffroi pour découvrir les nouveaux talents et les tendances du moment. Les enfants sont bien entendu les bienvenus.
Ils peuvent même venir sans leurs parents car une journée leur est dédiée ! Des collectionneurs ont également pris l’habitude de venir au Salon pour acheter des oeuvres.
Le Salon est aussi l’occasion de rencontrer des artistes car parmi les 52 heureux élus, certains sont présents souvent et donc, tous les jours, on peut rencontrer un ou plusieurs artistes et dialoguer avec eux.

Les professionnels du monde de l’art - galeristes, journalistes… - sont de plus en plus nombreux à se rendre au Salon. Comment expliquer ce succès ?

A.B et M.G : Nous n’avons pas la science infuse pour l’expliquer mais disons que la qualité indéniable des oeuvres et des démarches, ainsi que le dispositif d’exposition mis en place chaque année fait que ce public-là, en particulier, est rassuré et conforté dans ses attentes.

Chaque année, vous organisez un événement satellite autour du Salon de Montrouge. Vous avez retenu cette année les lauréats de l’appel à projets « Regards du Grand Paris » commandé par le Centre national des arts plastiques. Pourquoi ?

A.B et M.G : Des images photographiques des projets retenus dans le cadre de la commande publique du Grand Paris vont être présentées en avant-première sur des grilles disposées en plein air sur les nouveaux espaces verts aménagés récemment du côté de l'Hôtel de Ville. Les photographes qui ont réalisé ces images sont eux aussi jeunes et font partie des nouvelles générations d’artistes prometteurs.

En quoi est-ce important de soutenir la création émergente aujourd’hui en France ?

A.B et M.G : Soutenir la création en train de se faire et les créateurs qui se montrent inventifs et inspirés est sans conteste une manière très aboutie de miser sur l’avenir et d’être sûr d’avoir le meilleur retour sur investissement. On sait aujourd’hui que la culture ne rapporte pas uniquement sur le plan économique, mais aussi en termes de cohésion sociale, d’état d’esprit, d’image de marque, de tolérance et d’ouverture au monde.

Infos pratiques

Du 27 avril au 22 mai, de 12h à 19h. Entrée libre

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