Commémoration du 8 mai

Mercredi 8 mai 2024, Etienne LENGEREAU, Maire de Montrouge, invitait les Montrougiennes et les Montrougiens à commémorer le 79ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale en Europe.

Retrouvez l'intégralité du discours énoncé par M. le Maire à cette occasion ci-dessous.

"Mesdames et Messieurs les Élus,

Mesdames et Messieurs les Présidents des associations patriotiques, d’anciens combattants et de victimes de guerre,

Mesdames et Messieurs les Anciens combattants et Porte-drapeaux,

Chères Montrougiennes, Chers Montrougiens,

Mesdames, Messieurs,

C’est avec une certaine gravité que je prends la parole ce matin, à l’occasion du 79e anniversaire de la commémoration de la Victoire du 8 mai 1945 qui annonça la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Les évènements qui vont marquer cette année 2024 seront décisifs pour notre liberté, notre sécurité et notre prospérité. Et les sourdes menaces qui pèsent sur la stabilité de notre monde doivent nous faire craindre le retour de l’obscurantisme, du totalitarisme et de la guerre.

Aujourd’hui donc, en ce 8 mai, dans chaque commune de France, notre Nation rend un hommage solennel aux vainqueurs et aux héros de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi et surtout, à toutes les victimes de cette tragédie sans pareille.

Car nous devons toujours garder à l’esprit qu’une guerre est avant tout un drame, une succession de massacres, d’horreurs et d’injustices, mais aussi bien souvent le fruit d’un contexte international délétère.

Or les vives tensions que nous connaissons dans plusieurs régions du monde obligent chacun d’entre nous au sang-froid, à la vigilance et à la responsabilité.

Tout d’abord, alors que le président Xi Jinping vient d’achever une visite d’État en France, je pense à la Chine, où le risque d’embrasement planétaire est peut-être le plus sérieux.

Les rivalités exacerbées entre la vaste Chine populaire et la petite île de Taïwan ne se résument pas à un différend géographique : au-delà de la question territoriale, au-delà de la concurrence commerciale, il s’agit bien là de deux conceptions du monde qui se font face.

D’un côté, un régime autoritaire aux visées expansionnistes, qui réprime les minorités et musèle les dissidents ; de l’autre, une démocratie libérale, qui fait entendre sa singularité au sein du monde chinois.

Les grandes puissances ont choisi leur camp : il ne reste plus qu’à espérer que la situation ne dégénère pas et qu’une spirale infernale ne nous conduise pas au chaos.

Plus près de nous, le Proche-Orient s’est enflammé depuis le 7 octobre dernier : l’attaque des terroristes du Hamas contre des Israéliens a fait couler à nouveau le sang abondamment et ravivé la rancœur et la haine sur cette terre israëlo-palestinienne, cette terre « sainte » pour des millions de fidèles des trois religions du Livre que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Le déchaînement de violence a cette fois-ci changé d’échelle, avec l’implication d’autres acteurs régionaux, tout particulièrement l’Iran.

Même si un cessez-le-feu a été évoqué hier, le Proche-Orient demeure un foyer incandescent, aux répercussions directes sur notre territoire et sur notre cohésion nationale : le Premier ministre l’a rappelé récemment, en indiquant que les Français de confession juive représentent 1 % de la population mais sont victimes de plus de 60 % des actes antireligieux en France.

L’antisémitisme, - comme tous les délits ou crimes commis à l’encontre de croyants en raison de leur appartenance religieuse, - est une honte pour notre pays : il convient de dénoncer sans relâche ces agissements, a fortiori en ce 8 mai qui marque également la fin de la Shoah, cette entreprise d’extermination des juifs d’Europe perpétrée par le régime nazi.

Avec le choix décisif de l’entrée en guerre des États-Unis, la Seconde Guerre mondiale a pu prendre fin plus rapidement que beaucoup ne l’envisageaient, la liberté a pu triompher et la démocratie a pu reprendre ses droits en Europe occidentale.

Qu’en serait-il dans les mois ou années à venir, si l’Europe est menacée voire envahie, et que les États-Unis privilégient l’isolationnisme sans faire jouer l’alliance stratégique transatlantique liée à l’OTAN ?

C’est pourquoi l’élection présidentielle américaine du 5 novembre prochain est cruciale pour nous, les Européens.

Depuis plus de deux ans, la guerre est à nos portes, en Ukraine.

L’issue de ce conflit peut dépendre de l’évolution du rapport de force avec la Russie : le rôle des États-Unis d’Amérique dans cette guerre et le positionnement de son futur président sont par conséquent déterminants pour notre continent.

Il est tout aussi vrai que le conflit ukrainien nous oblige, nous les Européens.

Avec la Communauté économique européenne puis l’Union européenne, nos États ont su construire la paix depuis 1945 et ramener la prospérité sur le « Vieux Continent ».

Dans le même élan, ils ont su défendre et porter des valeurs et des principes conçus comme universels et hérités de leur Histoire partagée depuis des siècles, tels que la démocratie, l’économie de marché, la justice sociale et les droits de l’Homme.

Face à la Russie belliqueuse, face à la République populaire de Chine menaçante, l’Union européenne ne peut désormais rester dépendante du bon-vouloir des États-Unis, plus imprévisibles que jamais, pour la soutenir, la protéger et la défendre.

La libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, tout comme la monnaie unique qu’est l’euro, c’est bien ; l’autonomie militaire et la souveraineté, c’est mieux.

En effet, avec ses 447 millions d’habitants et ses 4,2 millions de kilomètres carrés, l’Union européenne est la 3e puissance économique mondiale, mais n’en demeure pas moins un nain politique.

Le temps est venu pour l’Union européenne de s’affirmer sur la scène internationale comme une puissance dans toutes les acceptions du terme : il y va de sa crédibilité, de son avenir, si ce n’est de sa survie, tant vis-à-vis de ses alliés, de ses partenaires que de ses propres habitants.

A travers ces quelques mots, j’ai voulu vous faire part de mon inquiétude quant à la marche du monde et à la capacité de l’Europe à apporter des réponses appropriées aux enjeux planétaires et à surmonter les défis considérables qui s’annoncent.

Rien n’est inexorable : il revient à nos concitoyens de saisir les opportunités qui leur sont données pour infléchir le cours des événements et pour choisir librement leur destinée.

Le dimanche 9 juin prochain, les Français sont appelés aux urnes, comme des millions d’autres Européens, pour élire leurs représentants au Parlement européen.

Soyons nombreux à honorer ce rendez-vous crucial pour notre avenir et soyons lucides sur les enjeux et les responsabilités qui sont les nôtres dans le monde qui vient.

Vive l’Europe, Vive Montrouge, Vive la République, Vive la France !"