Construit en 1934, le bâtiment qui abrite le théâtre de Montrouge a déjà connu plusieurs vies.
C’est l’architecte Henry Decaux, auteur entre autres de la Maison de la Santé à Paris et du Port Aérien du Bourget, qui conçoit cet ensemble monumental. Son élément architectural distinctif, le beffroi de 43 mètres, marque désormais la personnalité de Montrouge.
C’est dans le respect de ce plus pur style des années trente que les architectes Marie-Agnès Blond et Stéphane Roux ont repensé l’aménagement de ce centre, dont la vocation aujourd’hui est d’accueillir dans les meilleures conditions la programmation culturelle de plus en plus importante de la ville mais également de pouvoir offrir des espaces fonctionnels aux manifestations de tous ordres. Par là même, Montrouge pourra proposer un lieu attractif, aux portes de Paris, pour l‘organisation d’événements d’entreprises.
Après la sécession du Petit Montrouge, la réorganisation du territoire communal s’est articulée à l’intersection de l’avenue de la République et de l’actuelle rue Gabriel Péri. Un nouveau coeur de ville naissait, autour de l’église, la mairie et son square. C’est
à l’initiative du maire de l’époque, Emile Cresp (1928-1944) que le centre administratif fut construit en 1934 pour réunir les services administratifs en un seul lieu et disposer d’un équipement non seulement culturel mais aussi sportif.
Cet édifice est le reflet du renouveau dans les formes et les techniques des années trente : les mentalités et les demandes ont changé, il s’agit dès lors de créer dans la ville un nouveau signal dont la monumentalité est obtenue par des moyens simples et économiques. C’est l’apparition du concept de « complexe municipal », d’ « espace polyvalent » qui traduit une volonté de regrouper les divers services de la municipalité : salle des fêtes avec scène, fosse d’orchestre, loges d’artistes, salle de boxe et de culture physique avec douches.
Les façades, revêtues principalement de briques rouges de Bourgogne, sont agrémentées de frises sculptées dans la pierre dure de Lavoux. C’est le sculpteur Louis Sajous qui a traduit ici la vie de la cité. L’utilisation de cette brique de parement rapproche cette construction du mouvement « De Stijl » et de l’école d’Amsterdam : volumes géométriques simples accentués par un toit plat et soulignés par l’horizontale
des corniches, rythmés par de grandes verticales. Le retour du classicisme, caractéristique des années trente, s’exprime dans la rigueur de la symétrie et la régularité des façades : tout cela participe à la monumentalisation de l’ensemble. Certains estiment d’ailleurs que la façade principale évoque le théâtre des Champs-
Elysées.
Quel contraste avec le luxe des décors sculptés des mairies de la fin du XIXe siècle !
Montrouge fait alors partie des municipalités qui ont la liberté administrative de construire l’édifice qui leur convient. La municipalité s’affranchit du type d’édifices construits antérieurement en faisant confiance aux hommes de l’art qu’elle a retenus.
Montrouge choisit un architecte qui a déjà fait ses preuves sur la commune : Henri Decaux. Il participe activement à la construction du bâtiment.
Dans cette période très brève des années trente, le passage d’une architecture symbolique et républicaine à une architecture rationaliste et fonctionnelle témoigne de l’image nouvelle que les communes entendent donner d’ellesmêmes. La période d’euphorie républicaine est oubliée dans une actualité marquée par la guerre puis par la crise économique et son cortège de problèmes sociaux. L’individualisme cède la place au collectif, la culture de l’élite à la culture des masses. Des formes et des distributions nouvelles apparaissent, annonçant les constructions contemporaines.

Repères | |
1999 | première idée de rénovation de l’ancien Centre administratif en Centre Culturel et de Congrès. |
2003 | lancement du marché de définition pour retenir le maître d’oeuvre |
juillet 2004 | désignation du cabinet Blond & Roux comme mandataire du groupement de Maîtrise d’oeuvre en charge de l’opération. |
Le programme qui a été communiqué aux architectes pour l’implantation d’un centre culturel dans ce bâtiment prévoit la mise en oeuvre d’équipements complémentaires (salles de spectacles, salles de congrès, espace d’expositions,...), qui fonctionnent dans des espaces, des temps et pour des publics différents. Cette nouvelle vocation implique à la fois une utilisation exhaustive du bâtiment, une hiérarchie très claire des fonctions, et la mise en oeuvre d’une dynamique qui incite à découvrir, à rendre accessible les différents lieux de communication et de divertissement.
Le cabinet d’architectes Blond & Roux compte de nombreux édifices culturels à son actif. Pour l’architecte Marie-Agnès Blond, il s’agit de donner au théâtre de Montrouge un nouveau sens en accord avec sa nouvelle destination, dans le respect et le prolongement de son sens existant. Un équipement qui, dans une enveloppe ancienne, rassemble des activités spécifiques, des espaces diversifiés, des ambiances chaleureuses, qui favorise les contacts, les échanges, les découvertes. Un lieu de vie pour les Montrougiens.
Les façades en brique et pierre seront ravalées. La façade pignon côté mitoyen, dépassant des héberges du bâtiment de logements et commerces voisins sera traitée en enduit gratté ton pierre.
Certains châssis sont conservés, d’autres seront remplacés –notamment les châssis du corps central donnant sur la Place Emile Cresp, ceux de l’espace polyvalent et de la grande salle- conservant les trames ainsi que la finesse des châssis existants.
Les deux anciennes loggias, situées de part et d’autre du corps central, côté Place Emile Cresp, seront fermées par des châssis, afin de pouvoir être utilisées comme espaces annexes aux salles de commission.
La porte métallique du monte décor, de grande dimension, sera calepinée en fonction des fenêtres des étages supérieurs, obturées. Cette porte sera peinte en noir, dans le même ton que l’ensemble des châssis existants. L’ensemble des châssis seront en acier laqué noir. Les surélévations du « corps central » et de la « zone arrière » seront traitées dans le respect de l’architecture existante :
- la surélévation de la salle est réalisée en cuivre, en rapport avec la couverture du beffroi,
- la surélévation de la scène (au droit du commissariat) est également traitée
en cuivre.
En toiture seront implantés certains organes de traitement d’air du bâtiment qui seront dissimulés par des « écrans » en acier laqué noir.
Afin de préserver la cohérence du bâtiment et respecter son architecture, l’ensemble des portes de sortie de secours du rez de chaussée seront implantées, en tableau, au même nu que les anciennes portes ou que les châssis des niveaux supérieurs.
L’aspect extérieur du bâtiment ne subira que peu de changements. Il conservera son apparence actuelle. Des extensions seront créées de chaque côté du bâtiment afin de faciliter la circulation latérale pour les spectacles (une sur l’avenue de la République, l’autre sur la rue du Colonel Gillon).
Si l’allure générale du bâtiment actuel ne change pas, l’intérieur est totalement repensé. Cependant de nombreux éléments d’origine, dont certains ornements, et qui confèrent à ce centre son caractère très années trente sont conservés et seront intégrés au nouveau décor.

Accessibilité
L’accessibilité du bâtiment ainsi que de l’ensemble des locaux qu’il renferme est traitée de façon équivalente pour les personnes valides ou les personnes en situation de handicap :
- De part et d’autre du parvis extérieur, des rampes donnent accès au niveau surélevé du hall d’accueil.
- L’ascenseur situé au coeur de l’escalier monumental dessert l’ensemble des niveaux du bâtiment.
- Un second ascenseur, situé dans la cage d’escalier, symétrique de la cage du beffroi, permet l’accès au niveau supérieur du balcon de la salle de 747 places, ainsi que l’évacuation, en toute sécurité, des personnes à mobilité réduite.
- Un ascenseur, implanté dans la zone arrière du bâtiment, permet aux artistes handicapés d’accéder à chaque niveau de scène.
- Un monte-handicapés dessert les bureaux de l’entresol.
Les principaux éléments conservés
2nd étage : |
Le chantier se déroule en deux temps. La première phase est aujourd’hui achevée, la deuxième devrait démarrer dès septembre.
La première phase de travaux a été consacrée à la démolition des espaces à modifier et a nécessité un curage et un désamiantage complet. Après trois mois d’interventions, ces travaux ont été réceptionnés le 22 décembre 2008. Ils ont représenté un coût de 644 788 €.
Cette deuxième phase démarrera cet été. Ces quelques mois de pose sont dus à un premier appel d’offres infructueux en raison des coûts trop élevés des prestations contenues dans le lot « gros oeuvre et tous corps d’état secondaires ». Ce marché comporte en effet deux volets : celui de la scénographie a été d’ores et déjà attribué pour un montant de 3 988 937 €. La scénographie englobe tous les aménagements relatifs à la salle de spectacle : machinerie scénique, parquet de scène, éclairages, équipements audiovisuels, tentures de scène, fauteuils, monte décor…
Mais avant de pouvoir aborder ces aspects de l’aménagement, le premier volet doit être lancé : gros oeuvres, faux plafonds, redistribution des espaces, électricité, canalisations… La phase de préparation de ces travaux devrait pouvoir démarrer cet été, afin que les travaux en eux-mêmes commencent en septembre. Ils représentent 24 185 786 €.
Dans le cadre de l’Agenda 21, il est envisagé d’utiliser un nouveau système de chauffage du bâtiment en captant l’air chaud produit par le passage du métro à proximité (future station Mairie de Montrouge).
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Mairie de Montrouge : 43, avenue de la République 92121 Montrouge Cedex - Tél. : 01 46 12 76 76
Réalisation : ARTIFICA-2007 © Ville de Montrouge
