Le Salon de Montrouge, carrefour de la jeune création

Art contemporain

L’art fraîchement éclos se révèle au Salon de Montrouge. La 63e édition ouvre ses portes samedi 28 avril.

C’est la troisième année consécutive qu’Ami Barak et Marie Gautier assurent la direction artistique du Salon organisé et financé depuis 1955 par la Ville de Montrouge.

Une exposition collective construite

On les devine complices, ils se savent complémentaires.
Véritable duo, ils s’expriment d’une même voix : « Notre marque de fabrique est de mettre en place une exposition selon les règles pratiques de l’activité curatoriale. Placer les oeuvres de manière à faire ressortir les proximités, les points de discours, les avancées formelles. Ainsi se tissent les mailles d’un récit recouvrant un ensemble d’oeuvres qui sera in fine structuré en chapitres : cette année Avec ou contre la nature, La boîte à outils, Le futur du passé, Pop Team Epic. » Un travail pas à pas, et long.

« D’une année sur l’autre les préoccupations des jeunes artistes sélectionnés prennent des orientations différentes, même si elles ne se renouvellent pas entièrement. Pour cette 63e édition, on entrevoit déjà la question du paysage et l’influence des cultures populaires actuelles. »

Cartographie de la jeune création en France

Ce que l’on peut dire de façon sûre en revanche, c’est que 52 artistes participeront. Des artistes relativement jeunes - le plus jeune étant né en 1994 - qui sortent pour la plupart d’écoles d’arts françaises. Cette année, il y a davantage de jeunes artistes venant de province que de parisiens.


On constate une quasi égalité femmes/hommes alors que l’année dernière les femmes étaient majoritaires, ce qui reflète nettement la réalité de ces nouvelles générations artistiques où les femmes se montrent présentes et actives.

Mises en scène et correspondances

Rappelons qu’il s’agit d’un concours. La sélection s’opère sur la base d’un dossier de présentation.
« Notre travail consiste à mettre en dialogue les propositions d’artistes. Aujourd’hui, les projets sont souvent liés à la pratique de l’installation ». C’est là une nouveauté conceptuelle avouée par les co-commissaires : « On regarde davantage la manière dont les jeunes artistes abordent la mise en scène de leurs oeuvres.
Aujourd’hui, presque tous pensent leurs pièces en y incluant le système de monstration, c’est-à-dire la façon dont celles-ci seront présentées au public. » La question de la mise à disposition au regard du spectateur articule donc la correspondance des oeuvres entre elles. Le dispositif scénographique vient parfaire la perspective posée sur les oeuvres par la mise en espace générale du corpus. Vincent le Bourdon en a la charge.

Le Salon a la cote : 1 000 visiteurs par jour

Le Salon de Montrouge accueille chaque année 27 000 visiteurs sur 27 jours, soit 1 000 visiteurs par jour en moyenne.

Qui vient ? Tout le monde, tant les artistes, les collectionneurs, les galeristes et les curateurs que le grand public tous âges confondus. Les parisiens pourtant réputés frileux dès qu’il s’agit de franchir le périphérique sont aussi du rendez-vous. Le Salon ouvre 7 jours sur 7 pour répondre à cette affluence.

Qu’est-ce qui pousse les gens à venir ? « La curiosité, l’envie de prendre la température du temps, l’occasion d’approcher directement les artistes. Chacun vient découvrir quelque chose d’encore inconnu, la surprise est toujours au rendez-vous » précisent les directeurs artistiques.
Ajoutez à cela la diversité déployée par les 52 artistes et « chacun trouve son bonheur dans cet aéropage. »

Pour aborder les oeuvres

Au spectateur d’opter pour la démarche qui lui convient le mieux. Des visites guidées impromptues ou programmées sont proposées par des médiateurs.

Pour celui ou celle qui préfère évoluer seul(e), sachez que la Ville de Montrouge met l’accent sur le dispositif d’accompagnement textuel pour que personne ne se sente démuni(e) face aux oeuvres : des grands chapitres, des cartels étendus offrant une explication sur le travail de l’artiste et resituant l’oeuvre dans son contexte, une aide à la visite et aussi un catalogue de l’exposition. Ce dernier parachève l’expérience du visiteur révélant l’« écriture avisée » de diverses personnalités du monde de l’art dans un format consacrant une page par artiste présenté.

63e Salon de Montrouge

28 avril > 23 mai 2018
7/7 j, 12h > 19h
Entrée libre - Le Beffroi - 2, place Émile Cresp

Tout sur le Salon