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Djamel Tatah, Sans titre

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Les oeuvres de Djamel Tatah sont à impact sensoriel ténu et profond. Découvrons l’oeuvre achetée par la Ville après le passage de Tatah au Salon de Montrouge en 1993.

Voir l'image en grand « C’est une oeuvre du début des années 90, de celles produites à Marseille, celles du commencement » explique Djamel Tatah. L’artiste fait le choix de ne pas trop en dire, de placer les éléments là, épurés dans leur essentiel présentant l’être et le vide autour. Des procédés simples : peu de couleurs, de grands aplats et des figures humaines neutres, toujours un peu en dedans, placées au regard du spectateur mais pas tout à fait là.

D’essence simple

Un tableau des débuts, certes, mais tout ce qui caractérisera l’univers retenu et quasi-obsessionnel de l’artiste jusqu’à aujourd’hui, y est. Tatah affirme déjà sa patte, sa signature. Un grand format, de plus d’1,80 m de hauteur, un personnage à échelle 1. Une dimension qui intègre le spectateur dans l’espace du tableau, le happe. Ici, un homme aux cheveux noirs, vêtu de noir, assis dans un fauteuil noir. Le fond dénué de tout décor est composé d’un large et dense aplat rouge carmin. « Mes tableaux ne sont pas des monochromes mais des architectures picturales, des espaces colorés géométriques » précise-t-il. Une bande noire marque un plan depuis la partie basse. L’homme a une carnation très pâle. Ces visages diaphanes, que l’artiste peint à répétition, sont « comme des icônes, des enluminures ». « Le noir, le blanc, c’est pour la neutralité. » Ils ne sont par ailleurs, jamais totalement unis « et contiennent beaucoup de variantes à teintes plus ou moins vertes, jaunes, bleues… »

Du tableau au spectateur, d’humain à humain

Tatah n’aime généralement pas donner des titres à ses oeuvres « pour ne pas orienter le spectateur » avoue-t-il. « C’était quelqu’un de mon entourage, mais il ne s’agit pas de son portrait. Il est assis en train de réfléchir en silence et le temps s’arrête. J’essaie de faire que ma peinture tende vers l’émotion. » Un temps suspendu où le spectateur peut donner du sens. « Le tableau ne présente pas une histoire, il est ce que vous voyez ». Une transposition où « se poser la question d’être au monde en étant porté par la douceur des sentiments et non pas par la violence » est rendu possible.

Mixages et technique mixte

Chaque composition est exécutée d’une façon identique. Tatah réalise des photographies de ses proches qu’il regroupe dans une banque d’images d’où il tire les éléments pour composer ses tableaux sur ordinateur. Il retranscrit des choses vues et les simplifie. « Ca peut être une séance photo prise il y a 5 ou 7 ans mixée avec des images d’aujourd’hui ». Le dessin est ensuite projeté ou agrandi sur la toile. Il peint à l’aide de la cire carbonas (employée du temps des sarcophages de
Fayoum, du Ier au Ve siècle de notre ère) procédé qu’il utilise comme un médium qu’il mélange à la peinture à l’huile en la diluant à chaud. La cire apporte une matité à la composition « suivant la lumière du jour elle redistribue la lumière. La lumière vient du tableau. » Une technique « assez difficile à acquérir, d’autant que je crée des mixtures très maigres, très pures. Je ne sais jamais si je vais réussir ou pas. » Ce qui participe à l’effet de continuité de son oeuvre à travers l’expérience répétée du faire.