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Ernest Pignon-Ernest, Rimbaud

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Dessin original à la pierre noire et 3 sérigraphies sur papier journal sous protection plexiglas

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« Créer l'oeuvre avec le lieu »

Précurseur du street art et artiste engagé au sens noble du terme, Ernest Pignon-Ernest fut l’un des premiers, dès les années 60, à sortir l’art dans la rue, à coller ses oeuvres sur les murs des villes afin d’interpeller le regard des passants et les interroger sur des sujets marquants de l’histoire de l’humanité actuelle ou passée.
Son Rimbaud fut essaimé en 1978-1979 sur les murs, entre Charleville et Paris. Hommage au poète devenu symbole intégré et revisité par le quotidien de la ville.

Rimbaud, 1978

Il s’agit ici d’études préparatoires : un dessin original à la pierre noire et trois sérigraphies sur papier journal. Pignon-Ernest travaille sur le papier récupéré des rotatives d’imprimeries, les culs de rouleaux. Un support fragile, sensible à la lumière. Un format également à la largeur imposée : 66 cm. Son art est figuratif.
Les sérigraphies, tirées à plusieurs exemplaires sont collées sur différents lieux, diverses surfaces. Les photographies permettent de conserver la mémoire de l’évènement. Elles participent de l’oeuvre.

Un hommage

Bouleversé par Arthur Rimbaud découvert à 15 ans, Pignon-Ernest veut rendre hommage au poète. Persuadé que « lorsqu’on a lu Rimbaud, on ne peut pas faire un Rimbaud en marbre, sur socle, ou dans un cadre », figé. Au contraire, il le veut éphémère, errant. Il conçoit alors l’idée d’un parcours, qui permettrait au passant de « rencontrer son Rimbaud ». Il réalise alors de nombreuses esquisses préparatoires, notamment à partir de la photographie prise par Étienne Carjat en 1871, un portrait de Rimbaud âgé de 17 ans. L’allure générale du personnage est inspirée des croquis de Verlaine, mais Pignon-Ernest modernise sa tenue.

En 1978-79, il affiche 400 images grandeur nature de Rimbaud dans Paris et Charleville (Ardennes), ville natale de l’écrivain. Il colle Rimbaud « sur des murs couverts de graffitis, sur des portes d’acier de transformateurs, sur toutes sortes d’interdits ».
Comme à ce qui deviendra son habitude, Pignon-Ernest ne demande pas d’autorisation, il colle la nuit. Le papier journal devient comme une pâte lorsqu’il est détrempé de colle. Les accidents, les déchirures font partie du processus de mise en place. Tel un peintre ou un sculpteur, il considère la qualité plastique des murs, leurs couleurs, leur matière. Il s’intéresse et s’inspire aussi de leur histoire, de ce qu’ils signifient sur la ville, de leur force symbolique. Les images sont comme issues des murs. Mais il refuse le trompe-l’oeil. Affirmant un décalage avec la réalité, ses images s’étalent en noir et blanc.

Les techniques utilisées

Pour dessiner, il commence par le fusain « car cela peut s’effacer » puis, pour être plus précis il se sert de la pierre noire (crayon de schiste utilisé depuis le Moyen-Age). Une gomme taillée en dents de scie lui permet de modeler le dessin en creux et relief.

Un art affiché à travers le monde

De Soweto à Ramallah, de Naples à Alger… Ses collages résistent parfois des années durant. Ainsi d’une Sainte Agathe restée en place plus de 13 ans à Naples, « cela implique que les gens sont venus la recoller, ont veillé sur elle. »

{ Ernest Pignon-Ernest, Rimbaud, 1978, Dessin original à la pierre noire et 3 sérigraphies sur papier journal sous protection plexiglas (4), 131x61 cm, Collection municipale de la Ville de Montrouge.}

ERNEST PIGNON-ERNEST

Né en 1946 à Nice, Ernest Pignon-Ernest vit et travaille à Paris. De son vrai nom Ernest Pignon, il double son prénom en fin de nom pour éviter l’amalgame avec Édouard Pignon, plasticien de son époque.